Position commune de la plateforme de la médiation française sur la mise en place de liste de médiateurs auprès des Cours d’appel

Plateforme de la médiation françaiseAinsi qu’elle l’avait exprimé dans sa position commune du 12 mai dernier, la Plateforme sera favorable à l’instauration de listes de médiateurs par Cour d’appel pour autant que ces listes reflètent la compétence réelle des médiateurs et permettent de garantir la qualité des médiations réalisées.

Ces conditions ne pourront être satisfaites que par l’édiction de critères objectifs de sélection des médiateurs inscrits sur les listes. Les procédures de sélection, de nomination et de suivi de ceux-ci doivent être claires et publiques.

Pour parvenir rapidement à cet objectif, la Plateforme propose de capitaliser sur l’existence et l’expérience des associations de médiateurs.

Depuis plus de 20 ans, soit depuis la promulgation de la loi sur la du 8 février 1995, les associations de médiateurs se sont en effet impliquées pour offrir une de qualité aux justiciables, implication reconnue par le Conseil d’Etat en juillet 2010[1]:

  • Par la mise en place d’un ensemble de dispositifs de , d’évaluation et de contrôle de la qualité de l’acte de médiation et des médiateurs adhérents, au travers de différents supports (labellisation, normalisation, etc …)
  • Par la publication de codes de déontologies, d’expressions communes issues notamment du « Forum ouvert » organisé par les associations françaises de médiateurs en février 2011.

Il est de l’intérêt des magistrats de disposer d’éléments objectifs et actualisés sur la compétence des médiateurs, qu’il s’agisse :

  • aussi bien de la compétence acquise par les formations initiales et continues, le cas échéant sanctionnées par un ou des diplômes,
  • que de la compétence résultant de l’expérience et de l’effectivité d’une pratique de la médiation. Et à ce titre, les associations s’assurent, sur chaque dossier, d’un retour de la part des parties sur la qualité des médiations réalisées.

C’est pourquoi la Plateforme propose de mettre à disposition de chaque Cour d’appel des listes de médiateurs sans aucun coût pour la justice mais avec l’assurance pour les magistrats d’une sélection préalable.

Il existe déjà certaines expériences en ce sens auprès de différentes Cours d’appel qui ont démontré leur efficacité et leur succès.

Dans le prolongement de ces jalons, il serait donc légitime que les autorités judiciaires prennent appui sur les associations pour établir et faire vivre ces listes. Les associations, quant à elles, s’engagent à assurer de manière impartiale et équitable le suivi interne de leurs adhérents.

Il en va de la préservation de la crédibilité des juges, pour lesquels les inscriptions auxquelles ils procèderont sur les listes reflèteraient ainsi l’existence de critères précis, transparents, manifestes et opposables, validés par des tiers motivés et responsables.

Il en va aussi de la confiance des parties à la médiation pour qu’elles s’engagent dans cette voie, et acceptent in fine d’établir et de respecter un accord, plutôt que de recourir à la voie judiciaire et de bénéficier des garanties offertes par celle-ci.

Les membres de la Plateforme de la médiation française proposent également de soumettre à la Chancellerie un «référentiel qualité» recensant les critères de sélection des médiateurs (formation initiale et continue, obligations déontologiques…) et définissant le rôle des associations pour garantir le respect de ces critères. Ce projet « référentiel qualité » pourra être la base d’un échange concerté entre les associations de médiateurs et la Chancellerie.

Les membres de la Plateforme : 

 L’Association Nationale des Médiateurs, (A.N.M.)

Le Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris, (C.M.A.P.) 

Le Club des Médiateurs de Services au Public

La Fédération Nationale des Centres de Médiation, (FNCM)

La Fédération Nationale de la Médiation et des Espaces Familiaux, (FENAMEF)

France Médiation Réseau d’Acteurs de la Médiation Sociale

L’Institut d’Expertise, d’Arbitrage et de Médiation, (IEAM)

[1] « Développer la médiation dans le cadre de l’Union Européenne », Les études du Conseil d’Etat, La documentation Française, 30 juillet 2010

 

France

le quartier du palais de justice de Paris - panorama11 avril 2016
CA Paris — Journée de formation à la médiation : Comment proposer la médiation aux parties et aux avocats ?

La cour d’appel de Paris a organisé le 4 avril 2016 une pratique sur la pour les magistrats du ressort.
Comment proposer la médiation aux parties et aux avocats ?

Sur l’initiative de Mme la première présidente Chantal Arens, soucieuse de voir se développer de manière significative l’offre de médiation et de par les magistrats, une formation pratique, animée par Fabrice Vert  , conseiller coordonnateur de l’activité des médiateurs et des conciliateurs de justice du ressort, a été organisée sur cette thématique le 4 avril 2016 dans les locaux de la cour, dans le cadre de la formation continue déconcentrée de l’ENM.

Mme Nathalie Bourgeois-De-Ryck  a introduit cette session de formation, en rappelant la politique de médiation développée sur le ressort de la cour, sous l’impulsion de Mme le premier président : création d’une unité de médiation réunissant régulièrement les magistrats du ressort avec les auxiliaires de justice et les associations de médiateurs, élaboration d’une charte déontologique du médiateur, organisation d’un colloque en 2015 célébrant les 20 ans de la . Elle a également évoqué les prochains travaux de cette unité parmi lesquels l’élaboration d’une liste des candidatures des médiateurs. Elle a également insisté sur l’importance de la formation des magistrats sur cette question, étant relevé que dans des chambres qui connaissent exactement du même contentieux, certaines ordonnent un nombre considérable de mesures de médiation tandis que d’autres aucune, celles qui ordonnent de telles mesures étant composés des magistrats ayant reçu une formation sur la médiation.

Puis Mme Soraya Amrani-Meki, professeur de droit a rappelé l’actualité législative et jurisprudentielle de la médiation et plus largement des modes amiables de résolution des différends, démontrant lavolonté du législateur et de la jurisprudence, aussi bien français qu’européens de favoriser de manière significative le développement des modes amiables de règlement des différends, en insistant sur le rôle moteur du juge dans ce domaine. L’un des objectifs de la justice est d’offrir aux citoyens une réponse diversifiée et adaptée à leur situation et leurs besoins, tout en respectant leurs droits fondamentaux. Elle a rappelé que le processus amiable de résolution du conflit implique une autre posture du juge et évoqué les différents enjeux et questions qui se posent à l’institution judiciaire pour qu’elle parvienne à s’acculturer la médiation, constatant qu’une large marge de progression existe.
Ensuite Fabrice Vert a présenté les enjeux de cette formation.

Le développement de la médiation suppose en préalable, outre une politique publique nationale, que les acteurs judiciaires en connaissent le régime juridique et l’intérêt qu’elle présente pour les parties. La compréhension de l’intérêt de la médiation implique une connaissance minimale du processus de médiation.

La difficulté pour les magistrats de proposer avec succès aux avocats et aux parties une mesure de médiation (qui sont bien souvent réticents) provient essentiellement du fait que la médiation et l’institution judiciaire répondent à des logiques contradictoire et proviennent d’univers culturels radicalement différents. En effet l’on doit passer d’un système où le juge, « bouche dun litige en applicant une règle de droit objective au regard de positions juridiques de parties qui s’affrontent, à un système dans lequel le juge cherche à aider les parties à renouer un dialogue entre elles en faisant émerger leurs intérêts et leurs besoins pour les aider à trouver une solution sur-mesure mutuellement acceptable qui peut être a-juridique. Ce passage demande au juge d’adopter une autre posture et de maitriser certaine techniques de communication.

Se sont ensuivis des échanges sur l’argumentaire à développer à l’audience pour convaincre les avocats et les parties à accepter une mesure de médiation, entre des magistrats rompus à la médiation :

  •  Anne Gongora (présidente d’une chambre familiale de la cour),
  •  Isabelle Rohart-Messager (conseillère dans une chambre commerciale),
  •  Benoit Holleaux (conseiller, référent médiation des chambres sociales),
  • Fabrice Vert (conseiller dans une chambre spécialisée en droit immobilier), et des avocats médiateurs, Hibord Deghahni Azar, Dominique Retourné et Thierry Garby.

La matinée s’est terminée par un débat interactif entre les intervenants et les participants à la session, au cours duquel ont été abordés notamment l’organisation procédurale de la proposition de médiation, le choix du médiateur.

L’après midi, les participants ont été orientés vers trois ateliers dirigés par Thierry Garby, Dominique Retourné et Catherine Emmanuel, médiateurs, et formateurs qui ont procédé à des mise en situation en sensibilisant les participants aux techniques de communication non violentes, empathiques…

Cette formation qui a réuni plus de trente magistrats du ressort a rencontré un franc succès et sera renouvelée.

Conciliation judiciaire et conciliation de justice à la Cour d’appel de Paris

 

judiciaire et conciliation de justice à la Cour d’appel de Paris

Palais de justice paris 250Synthèse du colloque du 15 mars 2016

par Natalie FRICERO et Fabrice VERT

Alors que le projet de loi « J 21 » adopté par le Sénat le 5 novembre 2015 et prochainement discuté devant l’Assemblée nationale prévoit un  renforcement  significatif du rôle des conciliateurs de justice, la cour d’appel de Paris, qui a depuis longtemps un rôle moteur dans ce domaine, a organisé dans sa première chambre, un colloque consacré à la conciliation judiciaire et la conciliation de justice.

Plus de  150 participants, des conciliateurs de justice , des magistrats, des greffiers, des avocats, des universitaires, des éducateurs de rue et des médiateurs ont assisté et  contribué à la réussite de ce colloque qui a permis de dresser un état des lieux de la conciliation et de réfléchir sur les perspectives d’avenir, notamment au regard des résultats actuels et des projets législatifs en cours. De nombreuses personnalités étaient présentes comme, notamment, la présidente du TGI d’Evry, le président de la conférence générale des juges consulaires, le président de l’association nationale des conciliateurs de France. Ce colloque, comme il se doit, a été participatif grâce à de nombreuses prises de paroles de la salle, organisées par Madame Nathalie Bourgeois-De-Ryck, chargée de mission à la première présidence.

 Une politique volontaire et dynamique de la cour d’appel de Paris dans la mise en place des modes amiables

Dans son discours introductif, Chantal Arens, première présidente de la cour, animée par la volonté de promouvoir et de développer de manière significative les modes amiables de résolution des différends, a rappelé les nombreuses expérimentations de conciliation novatrices et concluantes engagées depuis de nombreuses années sur le ressort de cette cour. Cet engagement s’est concrétisé par la signature le jour-même du colloque d’une convention conclue entre les chefs de cour et le président de l’association régionale des conciliateurs de France du ressort de la cour d’appel de Paris.

Monsieur Alain Young, président de cette association a ensuite rappelé l’engagement bénévole sans faille des conciliateurs dans leur mission de faiseurs de paix, et exprimé les attentes de ces derniers au regard des réformes en cours. Des modifications de procédure importantes ont déjà permis de développer le rôle des conciliateurs, mais un changement de culture de tous les acteurs de la justice comme des justiciables reste nécessaire pour donner aux modes amiables leur véritable place.

La promotion des modes amiables constitue un objectif affiché des pouvoirs publics

Madame Béatrice Gorchs-Gelzer, maître de conférence à l’Université de Savoie-Mont-Blanc a démontré que la justice du 21e siècle est en marche, dans le prolongement des rapports remis fin 2013 par les différents groupes de travail (IHEJ, Nadal, Marshall, Delmas-Goyon) et  du grand débat national de janvier 2014 à la mission de l’UNESCO. Les priorités ont été dégagées et, parmi celles-ci figure la volonté de favoriser les modes amiables de règlement des différends, en particulier la conciliation de justice. Il existe en effet une volonté législative de maintenir la spécificité française de la conciliation et des conciliateurs de justice  avec une différenciation accentuée du régime de la conciliation par rapport à celui de la . Différents critères permettent indéniablement de caractériser la conciliation :  la gratuité de la mission de conciliation, le statut original de « conciliateurs de justice », la possibilité pour le juge de déléguer la conciliation au conciliateur de justice sans l’accord des parties, l’instauration de la conciliation préalable obligatoire. L’article 3 du projet de loi relatif à l’action de groupe et à l’organisation judiciaire assure la promotion de la conciliation : il rend obligatoire, à peine d’irrecevabilité de la demande, une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice avant la saisine de la juridiction de proximité ou du tribunal d’instance par déclaration au greffe (montant de la demande initiale inférieure à 4000 €). Madame Gorchs-Gelzer a également examiné les nombreux textes et projets de réformes qui renforcent la conciliation devant les juridictions administratives, les conseils de prud’hommes et les tribunaux de commerce, et permettent la mise en place d’une véritable politique publique de conciliation, notamment par le biais des CDAD.

Le succès de la conciliation de justice est notable !

La première table ronde, animée par Madame Marie-Françoise Lebon-Blanchard, inspectrice des services judiciaires et spécialiste de la question (Rapport de l’IGSJ présenté en avril 2015, sur le développement des modes amiables de résolution des différends) était composée d’un juge d’instance et d’un conciliateur de Fontainebleau, de la directrice de greffe du tribunal d’instance de Villejuif, et d’une juge de proximité du XVe  arrondissement de Paris. Elle a permis de dresser la pratique de la conciliation dans les tribunaux d’instance et les juridictions de proximité. Madame Lebon-Blanchard a rappelé que  la conciliation de justice connaît un indéniable succès  avec 79 000 conciliations en 2014 au niveau national, soulignant cependant  la disparité dans les juridictions des modalités de  l’exercice de la conciliation, proposant qu’au sein de chaque juridiction  soient organisées des réunions pour harmoniser les pratiques et que les conciliateurs y soient associés, et prônant une sécurisation et une  professionnalisation de cette  activité exercée bénévolement,  avec l’adoption d’un vaste plan d’action de recrutement des conciliateurs.

Monsieur Clément Bergère, juge d’instance à Fontainebleau insiste sur la forte implication des magistrats du tribunal auprès des différents acteurs : les maires, les gendarmeries, afin de générer le réflexe de renvoyer les concitoyens vers  le conciliateur de justice, soulignant par ailleurs que ce dernier  avait une connaissance  fine de la réalité socioéconomique du ressort. Il rappelle qu’il est nécessaire de mettre en place de bonnes pratiques (double convocation notamment), qu’il faut valoriser l’activité des conciliateurs mais également le travail des magistrats et celui du greffe. L’absence d’outil statistique permettant de comptabiliser les pratiques de conciliation ne favorise pas le développement de ce mode amiable !

Monsieur Roland Canda, conciliateur de justice à Fontainebleau a fait part de son expérience  et rappelé que l’institution des conciliateurs de justice n’était connue que de 10% des concitoyens : des campagnes de communication sur cette pratique devraient être réalisées.

Madame Claude Chatillon, juge de proximité insiste sur la nécessaire collaboration entre les juges et les conciliateurs de justice. La double convocation présente des résultats satisfaisants et libère les audiences. Elle précise qu’un conciliateur est toujours présent aux audiences qu’elle préside, ce qui donne d’excellents résultats.

Madame  Maria Costa, directrice de greffe au tribunal d’instance de Villejuif a constaté la disparité des pratiques de la conciliation selon l’implication des juridictions. Le succès de la conciliation repose aussi sur le greffe de la juridiction. Le rôle d’orientation des justiciables vers la conciliation à l’accueil du greffe est très important. La conciliation suppose des moyens matériels. Les conciliateurs de justice doivent disposer d’un bureau, ils doivent être associés à la vie de la juridiction.  Il est nécessaire de développer un partenariat actif entre le greffe et les conciliateurs de justice, mais aussi de développer la pratique de la double convocation qui est très efficace selon son expérience. La des fonctionnaires du greffe aux modes amiables de résolution des différends constitue un facteur clef de leur extension.

Le retour d’expérience d’un juge belge adepte des modes amiables

Monsieur Avi Schneebalg explique avec dynamisme et humour que les acteurs judiciaires belges tentent de développer les modes amiables. De bonnes pratiques sont mises en place par les juges, mais le changement de culture n’est pas encore totalement effectif, et il émet le souhait que les juges soient davantage satisfaits par une affaire négociée que par un beau jugement !

Le recrutement, la formation et la déontologie des conciliateurs de justice, clefs de voûte de la crédibilité et de la légitimité de la conciliation

 Monsieur Fabrice VERT, conseiller  coordonnateur de l’activité des conciliateurs de justice de la cour d’appel de Paris et modérateur de la table ronde, pour remédier aux lenteurs actuelles dans le processus de recrutement des conciliateurs suggère des  modifications textuelles. Il insiste sur la nécessité de donner des moyens aux conciliateurs pour exercer pleinement leur mission (bureaux notamment) et de lancer des campagnes nationales de promotion en vue du recrutement de plus de 600 conciliateurs pour faire face à la réforme envisagée de la conciliation préalable obligatoire. Il est à noter l’initiative de Claire Michel, conciliatrice de justice, qui vient d’écrire un ouvrage didactique et pratique sur les conciliateurs de justice, dont l’édition et la diffusion pourraient participer utilement de cette campagne.

Madame Laurence Arbellot, sous-directrice du département des formations professionnelles spécialisées à l’ENM retrace le rôle essentiel de l’Ecole nationale de la magistrature depuis 2008 dans la formation des conciliateurs de justice en collaboration étroite lors de sa mise en place avec la cour d’appel de Paris. Dans le prolongement du rapport Thony-Magendie de 2008 sur la conciliation et les conciliateurs de justice, la formation bénéficie du savoir-faire de l’ENM et elle est bâtie sur le réseau des conciliateurs de justice.

Madame Renée Dolla-Vial, avocate honoraire, conciliatrice de justice, rappelle que l’étude d’impact du projet de loi « J 21 » fait état d’un recrutement de 600 conciliateurs supplémentaires ! La formation constitue « un combat » nécessaire à la crédibilité de la conciliation. En effet, les conciliateurs font état de difficultés pratiques relatives à la confidentialité. En cas d’échec, de quoi le conciliateur doit-il rendre compte ? Lorsque l’ordre public est en cause, peut-il dévoiler les déclarations des parties à la police, la gendarmerie, au juge d’instruction ? Les dispositions légales laissent place à des incertitudes.

Madame Natalie FRICERO, professeur à l’Université de Nice, rappelle que les conciliateurs doivent respecter des principes déontologiques résultant de leur serment et des qualités définies par le code de procédure civile : compétence, diligence, impartialité et confidentialité.

La conciliation au tribunal de commerce : une expérience très positive

Madame Isabelle Rohart-Messager, conseillère à la cour d’appel de Paris, rappelle les origines de la conciliation en se référant à Michel de l’Hospital et les avantages qu’elle présente, particulièrement en droit des affaires. Elle interroge les participants sur les résultats des pratiques du tribunal.

Madame Natalie Fricero, professeur à l’Université de Nice, rappelle que s’il appartient au juge de concilier les parties, le code de procédure civile ne définit pas précisément la posture du juge conciliateur qui peut, depuis la loi du 6 août 2015, entendre les parties séparément et en toute confidentialité. Pour éviter les difficultés relatives à l’impartialité objective en cas d’échec, le juge peut déléguer sa mission à un conciliateur de justice, dans les conditions prévues par le code de procédure.

Monsieur Jean-François Reignier, vice-président du tribunal de commerce de Paris, démontre tout l’intérêt de la conciliation et la politique très volontariste du tribunal, aussi bien dans la conciliation par le juge que dans la conciliation par les conciliateurs de justice. Les résultats sont tangibles, parce que de bonnes pratiques ont été mise en place (double convocation, formation des juges pour sélectionner les affaires, conciliateurs de justice spécialisés), avec les recommandations de la Conférence générale des tribunaux de commerce, mais certaines résistances doivent encore être vaincues ! En 2015, plus de 1000 affaires du tribunal de commerce ont été dirigées vers le circuit de la conciliation.

Monsieur Fred Scetbon-Didi, médiateur et conciliateur de justice, expose les critères permettant de renvoyer une affaire en conciliation plutôt qu’en médiation, et explique les pratiques au tribunal de commerce (pas de permanence de conciliateurs, mais une information à la conciliation des parties durant 30 mns, puis prise de rendez-vous très rapide).

Monsieur Bertrand Duparcmeur, membre de GEMME et président de chambre au tribunal de commerce, insiste sur le fait que les modes amiables intéressent toutes les matières. Néanmoins, leur développement dépend du fait que le juge doit être convaincu qu’une solution amiable peut être trouvée.

Conclusion : hommage à la conciliation et aux conciliateurs de justice !

Madame Michèle Guillaume-Hofnung , professeur de droit et médiatrice, présente les propos conclusifs : le colloque a été l’occasion de porter un regard valorisant sur les conciliateurs de justice et de démontrer que la conciliation répond à une ancienne tradition juridique en France. Des améliorations peuvent encore être apportées, surtout en ce qui concerne les conditions matérielles d’exercice de la mission de conciliation (affectation de locaux, information des justiciables, procédure accélérée de recrutement, revalorisation des remboursements des frais). En dépit des hésitations terminologiques qui ne permettent pas toujours de distinguer clairement la conciliation de la médiation, tous les modes amiables méritent que les acteurs de la justice s’engagent pour leur promotion. La signature, à l’occasion du colloque, de la Convention entre la cour d’appel et les conciliateurs, contribue solennellement à ce mouvement !

Bien conseiller, préparer, guider et assister son client en médiation?

Il n’y a presque aucune sur le développement des habiletés de l’avocat comme conseiller, guide et soutien dans le processus de , déplore cet expert…

Source : Bien conseiller, préparer, guider et assister son client en médiation?

GEMME-France et la CIMJ organisent un séminaire-croisière en Méditerranée

GEMME-France et la CIMJ organisent un séminaire-croisière en Méditerranée

du 5 au 13 mai 2016

 

« Etudes & Découvertes en médiation »

GEMME-France et CIMJ organisent 20 heures de formation dans le cadre d’une croisière de 7 jours du 6 au 13 mai en Grèce et en Turquie (14 heures de formation), et d’un regroupement à Athènes les 5 et 13 mai (6 heures).Des interlocuteurs grecs ou turcs qui feront un bref état des lieux de la médiation dans leur pays etéchangeront sur ces thèmes avec es participants.

Le bateau, qui part d’Athènes, fera escale notamment à Istanbul, Rhodes, la Crète, Mykonos, Santorin …)

La caractéristique de ce séminaire, qui se déroule à terre (Athènes) et en mer (croisière), est de réunir des participants venus d’horizons différents.

Il pemettra aux participants de mieux se connaître, d’étendre le réseau d’acteurs de la médiation et aussi d’apporter savoir et expérience.

Prix : à partir de 694 € (dans la limite des places disponibles)
Les modalités d’inscription à la croisière proprement dite sont précisés dans les documents mis en référence (ci-contre)

1° Inscription à la croisière proprement dite (auprès de Dreamlines)

IL convient de s’adresser directement au croisiériste  Dreamlines (jacques.Oloa@dreamlines.fr)

 2° Les droits d’inscription au séminiaire-formation auprès de GEMME-France

Ils couvrent l’organisation de la croisière et la formation (ateliers et réunions à Athènes). Ils sont à verser directement à GEMME-France, (en même temps que vous aurez fait la réservation de la cabine à Dreamlines), en envoyant votre bulletin d’inscription et le montant de votre inscription à Mme Christiane Gutierrez, 167 Bis, Grande Rue Charles De Gaule, 94130, Nogent-sur-Marne (Tél. +336 60 73 25 79 ou christiane.gutierrez1@orange.fr)Pour toute information : Candice Etienne : +336 98 60 85 18 (ou etienne.candice@gmail.com)

Merci d’indiquer votre nom, prénom, date et lieu de naissance, profession, fonctions, adresse postale et adresse mail, téléphone (portable de préférence) et la cabine que vous avez retenue.
Vous trouverez le prix de l’inscription à payer à GEMME-France dans le fichier formation.

Vous pouvez venir avec amis, membres de la famille et enfants (pas de frais d’inscription à verser à GEMME-France, pour les accompagnants).

3° Programme de la formation

Le programme prévisionnel (il est susceptible de s’enrichir encore) figure en référence également.

C’est une occasion rare de  partager :

  • – le plaisir de la découverte de superbes lieux en Méditerranée
  • – l’échange et l’approfondissement de la réflexion de la pratique sur la médiation
  • – la rencontre et l’élaboration possible de projets à l’occasion de ce temps partagé.

A noter que la participation à la formation ne conditionne pas l’inscription : vous pouvez donc inviter les membres de votre famille ou même des amis, dans la limite bien sûr des places disponibles (120)

Pour plus de renseignements écrivez à  info@dreamlines.fr ou téléphonez au +337 77 22 95 72

Nous serons heureux de vous voir participer à cette nouvelle aventure, à la fois instructive et ludique, Nul doute que nous pourrons tous rapporter au retour des connaissances et des expériences utiles au développement et à la qualité des médiations dans nos divers secteurs d’activité.

Le Bureau de GEMME-France